Quel est le risque réel ?
Vous convenez d’un prix de vente en euros. Plusieurs mois plus tard, à la conclusion de la transaction, vous recevez ces euros et les convertissez dans votre monnaie nationale. Si, entre-temps, l’euro s’est affaibli par rapport à votre monnaie, le même montant en euros vous permet d’acheter moins de livres, de francs ou de couronnes que ce à quoi vous vous attendiez lorsque vous avez convenu du prix. C’est de cette perte dont traite le présent article. Notez bien le sens de cette relation, car elle est souvent présentée à l'envers. Une monnaie nationale plus faible joue en votre faveur en tant que vendeur : vos euros se convertissent en une somme plus importante de votre monnaie nationale. Le scénario qui vous coûte de l'argent est celui d'un renforcement de votre monnaie nationale, ou, de manière équivalente, d'une baisse de l'euro, entre la conclusion de l'accord sur le prix et le paiement. Une vente en Grèce prend généralement quelques mois entre l'acceptation de l'offre et la signature de l'acte de vente, car les documents du vendeur (certificat énergétique, attestations fiscales, rapport d'ingénieur) doivent être rassemblés ou mis à jour avant que le notaire puisse intervenir. Ce délai constitue votre période d'exposition au risque.
Quel est le montant réel en jeu ?
Sur une période de trois à six mois, les principales paires de devises telles que l'euro face à la livre sterling ou l'euro face au dollar varient généralement de quelques pourcents. Des fluctuations plus importantes se produisent, mais elles sont liées à de véritables chocs plutôt qu'à des conditions de marché normales ; la chute de la livre sterling après le référendum sur le Brexit de 2016 en est l'exemple type, et non un scénario de planification. Le calcul vaut tout de même la peine d’être fait. Sur une vente de 300 000 €, une variation de 3 % en votre défaveur représente 9 000 €, et une variation de 5 % représente 15 000 €. Que ce risque soit acceptable ou non dépend moins du pourcentage que de vos projets. Si le produit de la vente est destiné à l’achat d’une maison ou à un engagement fixe dans votre devise nationale, une évolution défavorable vous affectera directement. Si l’argent n’a pas de destination immédiate, vous pouvez vous permettre d’être plus serein.
Quels sont les principaux moyens de vous protéger ?
Un contrat à terme fixe le taux de change d'aujourd'hui pour une conversion à une date future. Dès le moment où vous le souscrivez, vous savez exactement quelle sera la valeur de vos euros dans votre devise nationale, quelle que soit l'évolution du marché. Les frais sont généralement faibles, et pour la plupart des vendeurs qui recherchent simplement la certitude, c'est l'outil standard. En contrepartie, un contrat à terme est contraignant dans les deux sens. Vous renoncez à tout bénéfice si l'euro s'apprécie, et vous vous engagez à livrer les euros à la date convenue. Ce deuxième point est plus important que ne l'admettent la plupart des articles, et nous y reviendrons ci-dessous.
Une option sur devises vous donne le droit, sans obligation, de convertir à un taux garanti. Si le marché évolue en votre défaveur, vous exercez l’option ; s’il évolue en votre faveur, vous la laissez expirer et effectuez la conversion au meilleur taux du marché. Cette flexibilité a un coût sous forme de prime initiale, ce qui rend les options plus onéreuses que les contrats à terme et généralement plus adaptées aux montants importants ou aux échéances véritablement incertaines.
Attendre un meilleur taux n’est pas vraiment une protection, c’est prendre un risque et espérer. Cela peut se justifier si vous n’avez pas de date limite pour la conversion et pas de projets précis pour cet argent, mais cela implique d’accepter que le taux puisse également évoluer davantage en votre défaveur.