En quoi ces expériences variées influencent-elles votre pratique architecturale et votre processus créatif ?
Si je me souviens bien, on a demandé à Godard, le réalisateur français, ce qui fait un grand cinéaste. Il a répondu que pour faire de bons films, il ne fallait pas se limiter à l’étude du cinéma. L’expression humaine revêt de multiples moyens et formes ; il faut également s’intéresser à d’autres domaines. Je considère l’architecture comme une quête intellectuelle plus large plutôt que comme un simple métier technique ou isolé.
Chez KRAK, nous nous attachons à créer des espaces aux formes pures et riches de sens.
Ces expériences variées ont joué un rôle essentiel dans mon évolution en tant qu’architecte. Comprendre comment les structures anciennes et traditionnelles étaient construites sans technologie moderne m’a aidé à aborder l’architecture avec un sentiment de respect pour le passé, tout en repoussant les limites de ce qui est possible aujourd’hui. Les techniques de construction traditionnelles permettent de comprendre les connaissances accumulées et éprouvées du passé. Idéalement, nous devrions construire avec des matériaux provenant du sol, en tirant parti de ce que la terre nous offre naturellement. J’espère que les progrès de la science des matériaux nous rapprocheront de cet idéal à l’avenir.
Chaque bâtiment possède sa propre identité et son propre rythme, et ces autres disciplines m’aident à créer des espaces qui semblent vivants, où chaque surface et chaque ombre peuvent susciter une réaction. En fin de compte, l’architecture est une expression humaine, une manière pour nous, les humains, de laisser notre empreinte ici. Je considère l’architecture comme une toile multidimensionnelle, et ces expériences variées enrichissent la synthèse de chaque projet.