Le Péloponnèse : des noms qui méritent qu’on s’y attarde
Dans le Péloponnèse, certains noms de villages se distinguent par leur simplicité. Ils sont clairs, directs et juste un peu plus évocateurs que prévu, ce qui leur confère un caractère bien particulier.
Palouki (Piquet), Ilia
Palouki est un village côtier de l’Élia, construit presque au niveau de la mer sur la côte ouest du Péloponnèse, près d’Amaliada. C’est un lieu de villégiature estivale : un petit port, des bateaux de pêche, un camping et un accès facile à la plage voisine de Kourouta. Le nom, cependant, renvoie à tout autre chose. « Piquet » suggère quelque chose de fixe, de droit, presque austère — et pourtant, il se trouve ici au bord de la mer, dans un cadre ouvert et saisonnier.
Vromoneri (Eau sale), Messénie
Vromoneri est un minuscule hameau côtier près de Gargalianoi, comptant seulement quelques résidents permanents, deux petites criques et une source thermale s’écoulant sous terre jusqu’à la mer. C’est d’ailleurs de cette source que le nom tire son origine. En d’autres termes, « eau sale » ou « eau malodorante » n’est pas une insulte fortuite qui se serait trouvée officialisée ; ce nom est lié à une caractéristique naturelle réelle du lieu. Ce qui rend ce nom mémorable, c’est le contraste. Pour un village doté d’une plage, d’un site de pêche et d’une source médicinale reconnue, le nom reste obstinément peu glamour. Il recèle également bien plus d’histoire que sa taille ne le laisse supposer : la région environnante a livré des outils en pierre du Paléolithique et faisait autrefois partie du royaume de Pylos, celui de Nestor. Alors oui, le nom est drôle — mais le lieu qui se cache derrière est plus ancien et plus riche en histoire qu’il n’y paraît à première vue.
Tragano (Croustillant), Ilia
Tragano sonne d’emblée comme un nom enjoué, notamment parce que ce mot évoque quelque chose de croustillant ou de croquant. Selon la tradition locale, cependant, le nom provient de la qualité « traganero » du sol de la région. La ville se trouve dans la plaine fertile de l’Élide, au nord du fleuve Pinéios, et son économie reste étroitement liée à l’agriculture, des céréales et légumes aux pastèques, oranges, grenades et cultures sous serre. Cela rend le nom moins aléatoire qu’il n’y paraît à première vue. Il peut sembler appartenir à une boulangerie ou à une cuisine, mais en réalité, il est lié à la terre elle-même.